En savoir plus sur les « Tobi » et les « Nikka Pokka » (part 1)

« Tobi », « Nikka Pokka » autant de mots que l’on peut utiliser pour présenter les pantalons japonais. Toutefois, si comme moi vous avez du mal à identifier les différences, voici un petit historique ainsi que les variantes entre ces deux styles de pantalons.

Commençons par le pantalon dit Tobi.

Tout d’abord présentons un peu ce pantalon. La chose qui saute aux yeux quand on l’observe c’est bien la largeur du pantalon.  Le coté bouffie des jambes associés à la partie très resserré du bas lui donne une forme très spéciale. Il est cintré au niveau de taille mais également du tibia pour que sa forme ne gêne pas les mouvements de son porteur.

Loin d’être anodine cette forme répond à l’origine à des besoins militaires. En effet après le Sengoku-jidai (âge du pays en guerre du XVème au XVI ème) le conflit poussa les artisans à se surpasser pour offrir des outils et vêtements toujours plus efficace, léger et résistant. Le pantalon Tobi prend ses racines dans les vêtements portés par la classe des guerriers, comprenant traditionnellement les samouraïs et ninjas. La forme du Tobi, basé sur celui des « Hakama » était un avantage précieux pour les soldats car ils leur permettaient de pouvoir se déplacer facilement tout en l’ayant solidement fixé à leurs tibias. C’est cette même raison qui en faisait un pantalon particulièrement efficace durant les hivers rudes. Le tibia étant assez fragile, les artisans rajoutèrent des renforcements pour les aider à mieux lutter contre le froid mais aussi à les protégés d’avantages durant les assauts.

Plus tard, pendant la reconstruction du Japon après la deuxième guerre mondiale, les ouvriers japonais utilisèrent le Tobi. Porté pour sa robustesse et légèreté il était aussi d’une grande aide aux ouvriers pour les avertir sur l’état du vent. Tout en haut des immeubles les rafales de vent et les bourrasques sont un des principaux dangers pour ces ouvriers. Les professionnels  du bâtiment, en se spécialisant ont besoin d’équipement plus pratique mais aussi, des vêtements de bonnes qualités pour être dans des conditions optimales de travail. Qui plus est, plus les ouvriers se qualifiaient dans ce domaine, plus ils souhaitaient avoir un habillement digne de leur prestance.  Ainsi même si on était nouveau ou qu’on voyait le reste de son équipe,  le chef pouvait aussi être discerné avec son pantalon.

Fort d’un héritage de plus de 400 ans, les fabricants cherchent à rendre le Tobi toujours plus précis et complet dans ses caractéristiques. Au Japon beaucoup de techniques et produits de l’époque post Edo existent toujours. Cela peut s’expliquer en partie  par le fait que les japonais n’ont jamais eu de changement radical de régime au fil de l’histoire comme avec une révolution par exemple. Ainsi devant s’adapter aux nouvelles problématiques de leurs époques, ces produits n’ont pas été culturellement rejetés car jugé trop vieux ou obsolète. Au contraire les quelques fabricants créant les Tobi avec la même technique que d’antan, son très fiers de pouvoir hérité du savoir-faire de leurs pères pour ensuite le transmettre aux générations futurs.

Aujourd’hui le Tobi bien que toujours porté par les ouvriers du bâtiment.  Nikka-Zubon le propose dans un style à porter  chez soi ou en week-end avec des chaussures crocs. On peut aussi noté qu’il a beaucoup de modèles différents parmi le style Tobi et que chaque modèle à ces spécificités qui lui sont propres.

 

Passons maintenant au style Nikka Pokka, toutefois il faudra patienter encore un peu !

La suite arrive très prochainement !